14 mai 2014

Simon est tombé du train!?!

Une issue possible parmi tant d'autres, mais je me suis quand même fait un peu de mauvais sang. C'était à notre premier embarquement de train au Maroc à la gare de Casablanca, le train arrive et nous entrons dans les wagons. Dans les corridors du train, nous ne pouvons aller que dans une direction, car avec nos gros sacs, nous retourner est dangereux pour tout être vivant étant à moins d'un mètre de nous et il y en a beaucoup. Nous arrivons au bout de ce wagon et consternation, il n'y a aucune place libre, pour un trajet de 5 heures, ce n'est pas notre idéal. Je remarque toutefois que le wagon suivant semble moins achalandé, mais la porte entre les wagons est barrée, je dis donc à Simon avant que le train quitte la gare que nous pourrions tenter de changer de wagon. Je me lance donc, de retour sur le quai et je monte les trois marches pour entrer dans le wagon, je marche un peu histoire de ne pas être dans l'entrée et je vois qu'il reste des places assises. Je me retourne et je ne vois pas Simon... le train est en déjà en marche, je vais voir s'il n'est pas de l'autre côté de la porte barrée et il n'y est pas, je remarque alors que la porte du wagon par laquelle je suis montée semble avoir été déplacée, comme-ci quelqu'un s'y était agrippé. Je me mets donc à faire une panique interne puisque tout ce que je me dis c'est que Simon est tombé du train! Je finis par m'asseoir dans un compartiment puisque je ne peux pas faire grand chose et je me calme en me disant que je fabule un peu et qu'il n'a juste pas réussi à embarquer à temps mais qu'il est ok. Bref, je me fais plusieurs scénario pendant un bon moment puis au bout de deux arrêts en gare, je vois mon mari devant la porte de mon compartiment! Ouf, quel soulagement. Vous voulez savoir ce qui est vraiment arrivé? Quand j'ai dis à Simon que nous pourrions changer de wagon, il a choisi le chemin avec le plus de résistance (ce qui n'est pas très ingénieur de sa part); il a choisi de ré-affronter la totalité du corridor plutôt que de faire deux mètres au travers de quelques personnes pour se retrouver direct sur le quai. Ainsi, durant la demie heure où je me faisais du mauvais sang, lui tentait de se frayer un chemin dans le wagon trop achalandé. Arrivé au bout, dès qu'il y a eu un arrêt, il a réussi à me rejoindre. Bref, beaucoup de peur, mais aucun mal!

Sinon, notre séjour au Maroc démarre très lentement. Nous sommes pas top shape, notre rhume de la fin du Vietnam a un peu dégénéré avec la grande fatigue de nos vols et escales qui nous ont values près de 36 heures sans dormir. Nous tentons depuis de reprendre de l'énergie, mais disons que nous avons pas mal l'air de zombie et que nous ne prenons pas vraiment de photos de nos têtes.

Nous avons tout de même fait la visite de la seule mosquée ouverte au public non musulman, on nous y a expliqué tous les rites associés avec la prière, le rôle d'éducation qui est aussi donné à la mosquée. C'était très instructif, mais j'ai surtout retenue que le tapis était très moelleux... (peut-être que je ne cherchais que le meilleur endroit pour faire une sieste.)
Mosquée avec section réservée à l’Imam

Les balcons sont réservés aux femmes et le bas c'est pour les hommes, tout est décidément séparée dans cette religion surtout la prière

AMB, la mosquée et le ciel bleu, il y a un bon petit vent de la côte alors il ne fait pas trop chaud

La mosquée, dans les plus grandes au monde

Ville de Casablanca
Nous sommes ensuite allés vers Meknès (par le train précédemment détaillé) et nous avons exploré notre première médina. Ce n'est pas la plus mêlante et nous avons pu nous retrouver sans aide, exploit dont nous sommes encore assez fiers. À noter que nous venons tout juste d'arriver à Fez et que la médina semble être un vrai labyrinthe, alors nous ne nous désignerons pas comme des rois de la médina avant l'heure.  
Portes typiques d'une médina
Petite rue d'une médina
Mon plus grand exploit pour l'heure consiste en notre visite à Volubilis. Ancienne ruine romaine dans une très jolie campagne marocaine parsemée d'oliviers, il n'y a normalement rien de très olympien dans la visite. Les mosaïques sont très bien conservées ce qui rend le site intéressant, mais c'est le soleil et mon statut médical qui donne à la visite un aspect de marathon. J'ai dû faire appel à ma volonté pour assurer mon retour à l'entrée du site. Rendue là, j'ai assez l'air d'une romaine ressortant de terre pour arpenter les ruines, les jambes un peu tremblotantes comme si elles n'avaient pas fait d'exercice dans le dernier millénaire. Bon, j'ai une tendance dramatique ici, mais disons que c'était un exploit que nous aurions pu éviter en le faisant une autre journée, soit une avec un peu plus d'énergie. Depuis, nous avons dormi beaucoup et essayé d'intégrer de la nourriture dans notre routine (puisque mon estomac n'a pas eu faim depuis quelques jours, ce qui est surtout, si vous me connaissez bien, un très étrange phénomène). Les jus d'orange frais sont vraiment excellents et les abricots sont sucrés et dodus à souhaits et ont assuré un apport de nutriments. Ce soir à Fez, je suis pratiquement de retour à mon niveau habituel et une bonne harira (soupe avec des pois chiches) devrait complété le processus de guérison. Ainsi, si vous n'entendez pas parler de nous dans les prochains jours, n'ayez crainte, ce n'est pas que nous sommes malades mais plutôt perdus dans les dédales des ruelles de la médina de Fez, ce qui est mille fois plus attrayant comme situation.  
Campagne marocaine

Imaginez, c'est ma face avant la visite de Volubilis, pas encore blanche comme un drap mais ça s'en vient!

Des ânes sur la route de Volubilis

Quand j'ai vu la mosaïque je me demandais si j'étais si mal en point que cela mais non après vérification il est bel et bien monté à l'envers!

Volubilis
Ville de Moulay Ibriss au loin 
Preuve que Simon est toujours en vie après l'épisode du train
Ruine de la basilique romaine

Les ruines et la campagne
Des oiseaux qui nichent dans les ruines de Volubilis

12 mai 2014

Faces of South East Asia





















Cat ba

Dernière destination en Asie du sud-est avant de quitter pour le Maroc. C'est à Cat Ba Island que nous avons décidé de terminer ce séjour d'un mois au Vietnam et l'on peut dire que ça c'est fini en beauté. Tout près de la baie d'Halong (très connue), mais en fait dans la Lan Ha baie, c'est la plus grosse île du secteur. La vue de notre chambre est tout à fait charmante, on y voit le port avec au loin les montagnes de calcaires qui sortent de l'eau. C'est en effet ces montagnes qui caractérisent la baie, il y en a des centaines et elles sont pratiquement tout le temps surplombées de végétations et baignent dans les eaux émeraudes.

Vue de notre chambre à 10$ la nuit, pas mal pas mal!

Notre première journée a consisté à découvrir l'île en tant que tel, sur un habituel scooter, nous avons parcouru la route principale qui passe dans un parc national. Nous avons visité la 'Hospital Cave' qui, durant la guerre, a été construite par les Vietnamiens et qui n'a jamais été découverte par les Américains. On y retrouvait notamment un hôpital avec des chambres d'opération, il y a 17 pièces qui ont été construites en béton dans la grotte créant vraiment un aspect soviétique froid, mais même lors des bombardements, il semblerait que rien ne bougeait et que les gens étaient vraiment en sécurité, donc c'est autour de 200 personnes qui y vivaient. Nous continuons notre route en admirant les paysages verdoyants qui nous entourent, c'est une très belle dernière randonnée pour l'Asie. Notre seule déception à Cat Ba est clairement la myriade de restaurants tous plus mauvais les uns que les autres, alors que la nourriture vietnamienne était un highlight de notre séjour, on ne peut par dire que cela a terminé en grande, ce qui est un peu décevant.

Grotte de la hospital cave dans laquelle plus de 200 personnes vivaient durant la guerre, il y avait 3 étages avec une piscine et bien sur un hôpital

Il y avait pleins de ces lézards sur Cat Ba Island, ils sont vraiment rapides!

Simon au Fort Canon d'où il y a plusieurs magnifiques points de vue sur la baie.

Autre point de vue du fort canon, assez canon n'est-ce pas?

Couché de soleil dans le port avec les bateau de pêche

Nous ne pouvions pas venir dans cette région sans prendre un tour de bateau autours des montagnes marines. Nous avons donc passé une journée complète à voguer sur les flots tranquilles de la baie, avec un petit peu de kayak en passant dans des formations rocheuses ressemblant au rocher percé en plus petit, ce fut une très belle journée, calme et un plaisir pour les yeux. Je ne dirais pas que j'aurais aimé y passer la nuit comme font la majorité des touristes puisqu'il n'y a pas tant à voir, mais c'est parfait pour une belle journée.


Village flottant dans la baie, ce sont surtout des pêcheurs qui résident ici.

AMB qui respire l'air du large

Trois petites îles populaires dans la baie d'Halong


Grotte où des vietnamiens préhistoriques vivaient en mangeant des escargot et faisant de la musique sur les stalagmites

Nous deux pagayant sur les eaux très calme de la baie 

manœuvrer dans une petite cave c'est pas toujours facile!
Après un court arrêt à Hanoi, nous avons pris l'avion pour le Maroc, dès l'atterrissage, on voit que nous sommes dans un autre monde, des paysages constamment vert du Vietnam nous passons à des paysages chauds de sables, on dirait que tout est un petit peu jaune.

10 mai 2014

Red Dao


Arrivés avec le train de nuit, nous faisons notre rencontre avec Sapa dans une belle journée assez ensoleillée, ce qui est rare en cette saison pour la région. Nous pouvons donc contempler les paysages saisissants des terrasses de riz sillonnant les montagnes. Nous ne sommes pas encore au temps des récoltes dans le nord du Vietnam et donc les travailleurs sont dans les champs, à l'étape de la transplantation des petits plans de riz dans d'autres rizières avec plus d'espace, histoire que petit grain de riz devienne grand. Il faut d'abord désherber les terrasses, puis labourer la terre trois fois avec un buffle avant de pouvoir y mettre les petits plans de riz vert tendre. Nous trouvons par hasard une petite route magnifique dans les montagnes sans touriste et avec beaucoup de locaux. Nous prenons une petite pause assis sur une roche au milieu de terrasses de riz et un monsieur âgé s’assoit près de nous et nous jase ça dans sa langue natale que nous ne comprenons pas du tout, il y a bien quelques gestes pour que l'on saisisse qu'il vit par là et que des gens qu'il connaît travaillent un peu plus haut, mais sinon c'est une drôle de conversation.



Au bout de la route, une lignée de dames vendant des pêches, comme ça fait une bonne collation, nous prenons pour 50 sous de fruits ce qui en fait quand même une bonne quantité. Ce sont des femmes de la tribu black Hmong, qui est très présente dans la région, qui sont installées là. En effet, au Vietnam, c'est un des endroits où l'on retrouve plusieurs minorités ethniques et elles sont vraiment très présentes tentant de recevoir quelques dollars des touristes pour des biens d'artisanat qu'elles font elles-mêmes. Ce sont des gens très insistants, il est très difficile de ne pas avoir 3 ou 4 madames qui nous suivent lorsque l'on marche dans Sapa, mais on comprend bien que c'est le seul apport d'argent qu'elles ont, le reste de leurs biens sont une petite maison, des terrasses de riz, quelques poules ou cochons, bref c'est de l'autosuffisance, mais il n'y a pas de revenus qui entre dans leur ménage puisque tout se consomme par la famille et avec juste une récolte par année, c'est à peine suffisant, donc rien ne va sur le marché externe.


Silver Waterfall que nous avons visité en randonnée en scooter
Le lendemain matin, la pluie nous réveille ce qui est un peu déplaisant puisque l'on part à 9h pour une randonnée de deux jours dans les montagnes jusqu'au village de Ta Phin. Je sors donc acheter des pantalons imperméables au marché, nous sommes vraiment chics lorsque notre guide Pham vient nous chercher. Nous partons donc sous une petite bruine et nous débutons en visitant le marché de Sapa qui est destiné aux locaux puisque l'on y retrouve plus des cuiseuses à riz que des trucs touristiques, mais c'est toujours agréable de voir les trucs que les locaux trouvent intéressants, comme notre guide qui a regardé une démonstration d'un petit instrument pour faire de la couture. Par la suite, nous débutons sur le chemin vers le village de Ta phin, en route nous croisons quelques dames du village de Pham qui se joignent à nous non sans espérer que nous leur achèterons des produits artisanaux. Les paysages sont vraiment magnifiques, il y a de la brume qui nous cache le dessus des montagnes, mais les terrasses nous entourent et à chaque coin de la randonnée, une nouvelle surprise nous attend, c'est vraiment une très belle randonnée, un peu glissante par endroit puisque l'on passe par les sentiers locaux, nous avons donc pratiqué notre balance assez souvent. Sur l'heure du dîner, les dames qui marchent avec nous sortent leurs produits et nous faisons nos bons touristes en achetant un truc à chacune des 3 dames. Une fois rassasiés, nous continuons et c'est maintenant 5 dames qui sont avec nous, bref nous avons toute une délégation juste avant d'arriver au village.

Notre guide Pham




Nous arrivons au village et notre guide arrête des dames avec des poches de feuilles de thé qu'elles ont cueillies dans les montagnes avoisinantes et nous tentons d'estimer le poids du chargement d'une d'entre elle puisque Pham achèterait avec un prix au kilo. Après une pesée, on voit que la dame avait un sac de 17 kg sur le dos! C'est énorme quand on pense que je trouve mon sac lourd à 9kg. Finalement, les pousses n'étaient pas fraîches et nous arrivons à la maison. C'est son mari qui nous accueille puisqu'il s'occupe de la maison et de leur fille Ny. Il nous cuisine un très bon souper sur le feu de bois qui leur sert d'outil de cuisson. Nous mangeons avec eux en discutant, c'est excellent et très agréable.

intérieur de la maison, on voit la cuisine au fond de la photo

Notre deuxième journée n'est malheureusement pas aussi magnifique puisqu'il y a du brouillard à couper au couteau. Nous jasons un peu plus avec Pham qui nous explique les coutumes de son village, par exemple pour trouver un mari il faut que les jours de naissance des deux partis soient un bon mélange en fonction des astres et autres considérations compliquées, bref ne marie pas qui veut mais il n'y a souvent qu'une ou deux options. Elle nous explique que sa sœur étant très malheureuse s'était suicidé en mangeant des plantes empoisonnées, ce n'est donc pas toujours heureux, mais Pham semblait bien contente avec sa famille. En chemin, nous passons sur des canaux de béton qui transporte l'eau vers les terrasses en contrebas et à un certain moment les canaux forment un petit pont avec de l'eau qui déborde de chaque côté. Et bien imaginez vous que je suis restée complètement gelée sur le pont les pieds dans l'eau pas capable d'avancer, notre guide est revenue me chercher et je suis traversée saine et sauve, mais quitte pour un bon rhume ayant les pieds mouillés pour le reste de la journée. Ce fut vraiment la découverte d'une belle région et nous sommes bien content de l'avoir ajouté à notre itinéraire vietnamien.



03 mai 2014

Dur labeur

Nous avons vu à tous les jours ces petites dames qui se promènent partout dans la ville avec leurs paniers remplis de différents fruits, légumes ou petits mets préparés dans des feuilles de bananes. Elles arpentent les rues toute la journée tentant de vendre tout ce qu'elles ont été chercher au marché le matin même. 

Nous avons été au musée de la femme du Vietnam et il était très intéressant, on y parlait des rites typiques de mariage, de naissance, de la vie familiale. Un petit vidéo nous faisait aussi rencontrer quelques-unes de ces dames vendeuses itinérantes. Elles sont souvent à Hanoi, ou dans les autres grandes villes, toute seule, leur famille étant à la campagne. Leur mari est parfois décédé ou blessé et ne peut pas supporter la famille, donc les femmes vont vendre ce qu'elles peuvent en ville pour subvenir aux besoins de leurs enfants, surtout pour les envoyer à l'école. Elles retournent voir leur famille aux deux semaines ramenant environ 15$ pour tous les jours travaillés. Ce n'est pas du 8 à 5, elles se lèvent vers 2hr am pour aller au marché et trouver les légumes/fruits les plus frais possible, vers 7hr elles débutent la vente et continuent jusqu'à ce que tout soit vendu, normalement vers 18hr. Hier soir, il est 23h, nous retournons à l'hôtel et nous croisons une dame qui tente de vendre ses bananes. Je vous jure que ça fend le cœur et que tu voudrais acheter tous les régimes de bananes qui lui reste.

Il y a aussi ces vieilles dames qui se promènent dans les rues complètement courbée, leur dos ne se redresse plus suites aux nombreuses années à travailler dans les champs de riz. Je ne veux pas faire de blague par rapport à cela, mais hier nous marchions dans le marché de nuit et je regardais les divers étalages, je n'ai jamais vu cette dame qui marchait, penchée à 90 degré s'aidant d'un bâton, j'ai fait tout un saut quand j'ai entendu son bâton près de moi.

Pourtant, ces gens sont très souriants, on les entend parler entre eux et rire. Je sais bien que le bonheur n'est pas lié aux biens que nous détenons et que ces gens travaillent aussi fort pour leurs enfants, mais quand même, je me dis que nous sommes extrêmement chanceux.